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Les deux sœurs Wawalag voyagaient à travers le pays et arrivèrent au puits sacré. La sœur aînée mit au monde un enfant et le sang de l'accouchement attira l'attention de Julunggul, le python géant qui vivait là. Les sœurs, qui ne s'en doutaient pas, se décidèrent à y passer la nuit. Alors qu'elles préparaient le repas, toutes les provisions qu'elles avaient apportées furent emportées dans le puits par une force mystérieuse. Puis, il se mit à pleuvoir, mais pas comme à l'habitude : la pluie était torrentielle, remplit le puits et inonda le pays. La benjamine vit à travers le voile de la pluie la silhouette d'un serpent gigantesque, et elle comprit qu'il n'était autre que Julunggul, le Serpent Arc-en-Ciel. Les jeunes femmes dansèrent autour du puits pour se protéger du python, puis se mirent à l'abri et tombèrent dans un profond sommeil. Grâce à ses yeux de lynx, Julunggul les trouva qui dormaient. Il encercla de son corps immense le puits et l'abri qu'elles avaient trouvé afin d'empêcher qu'elles ne s'échappent. Il ouvrit la bouche et avala tout ce qui se trouvait entre ses anneaux : le bébé, les sœurs et leur abri.
Omniprésent dans l'Egypte ancienne, le serpent y symbolise des forces contradictoires - tantôt obscures et maléfiques, tantôt bénéfiques et régénératrices. Apophis (ou parfois Rerek), le dieu serpent, y symbolise les puissances du chaos, les forces du mal - c'est l'opposant par excellence de Rê, le dieu solaire, qui chaque nuit, doit résister à ses multiples assauts, puis le renverser, afin de permettre à la lumière de triompher des ténèbres. Au cours de son voyage sur la barque solaire, Osiris est abrité par le serpent Mehen. La régénération de Rê se fera lorsqu'il se sera uni à son propre corps - le cadavre d'Osiris, protégé par un triple serpent.
Chapitre 108 Formule pour connaître les âmes de l'occident. Cette montagne de l'enfantement au ciel, dont on s'approche lorsqu'on est à l'est du ciel, a 370 perches de long et 140 coudées de large. Sebek est le seigneur de cette montagne de l'enfantement à l'est du ciel où son temple est au dessus des... Il y a un serpent au front de cette montagne, il a 30 coudées de long et 10 de large, et 3 coudées à sa partie antérieure qui est en pierre dure. Je connais le nom de ce serpent qui est sur la montagne : celui qui est dans sa flamme est son nom. Lorsqu'après la durée du soleil renversement est fait sur lui, ses yeux sont sur Rê. Lorsqu'ensuite il se dresse contre la barque, il est longuement regardé par ceux qui font naviguer la barque. 
Chapitre 34. Formule pour que l'homme ne soit pas mordu par le serpent dans les divines régions inférieures. O cobra ! Je suis une tête de flamme (uraeus) rayonnant pour des millions d'années sur les plantes qui se renouvellent, éloigne-toi de moi car je suis Mafdet (déesse félin)
D'après Le livre des morts des anciens Egyptiens, Traduction complète d'après le papyrus de Turin et les manuscrits du Louvre par Paul Pierret, Paris, Ernest Leroux Editeur, 1882 (p.125)
Dans l'antique royaume du Bénin (au sud de l'actuel Nigéria), l'Oba est l'intermédiaire tout-puissant entre le monde des hommes, et celui des esprits, ancêtres ou dieux
« Le dieu Olokun, fils du créateur Osanobua, constitue l'une des colonnes spirituelles qui est en étroite relation avec la puissance surnaturelle du roi. Intimement lié à l'eau, à la richesse, à la beauté et à la fertilité, il représente le monde dans sa perfection. Les animaux qui lui sont le plus étroitement associés sont le serpent et le crocodile, qui ont une aptitude particulière à pouvoir vivre tout à la fois sur terre, domaine de l'homme, et dans l'eau, domaine d'Olokun » (Armand Duchâteau, Bénin Trésor Royal, éd.Dapper 1990). Le serpent est particulièrement lié à deux divinités : Olokun (la mer), associé au silure, au crocodile, et au python, et Olosun ; (...) Olosun, la force spirituelle qui conférait leur puissance aux plantes médicinales, aux insectes, aux reptiles, et aux autres produits dangereux de la forêt.
Aux XVIè et XVIIè siècle, en particulier au contact des négociants portugais, les artistes sculpteurs de la cour de l'Oba ont développé une figuration spécifique, et des supports originaux, en particulier des plaques de bronze, décorées de hauts ou bas-reliefs aux motifs chargés de symboles. Les serpents sont en effet présents partout dans l'art du Bénin ; ainsi : (...) d'énormes têtes de serpents, des fragments de corps de serpents décoraient les toits des bâtiments et étaient destinés à être vus de loin.
Exposition au musée du Quai Branly, Bénin, 5 siècles d'art royal, 2 oct.2007 - 6 janv.2008, exposition produite par le musée d'ethnographie de Vienne. Commissaires : Barbara Plankensteiner, Yves Le Fur.
L'allusion humaine est ainsi constante dans toutes les représentations parlées ou jouées du dieu, accusée de temps en temps par un symbolisme spécifique, comme dans le cas de Dan, serpent python et arc-enciel, messager unissant les êtres et les mondes, symbole de fécondité dont deux avatars s'identifient l'un au cordon ombilical qui conduit l'enfant jusqu'au sol où la mère accouche, l'autre au pénis dont il est le produit et que symbolise en retour le palmier ho-de.
Marc Augé, Le Fétiche et le corps pluriel, Corps des dieux, sous la direction de Charles Malamoud et Jean-Pierre Vernant, Gallimard 1986, p.171.
Le dieu Dan (serpent) est associé à plusieurs divinités voduns, du Bénin à Haïti : Danballa Hwédo, et l'Esu Elegbéra des Yoruba, Legba chez les Fon, le gardien des portes, en particulier celle des temples, et des carrefours. Dieu contradictoire de l'ordre et du désordre, du Bien et du Mal, ses figurations phalliques ont contribué à son identification à Satan par les missionnaires. C'est aussi le maître de la magie.
(...) (Legba) habite tous les lieux où des mondes séparés entrent en contact. Il passe de l'un à l'autre, les fait communiquer entre eux (...) seul Esu-Legba avec son pouvoir de transformation peut métamorphoser le conflit en harmonie.

(...) Or, Gilgamesh, ayant aperçu
un trou d'eau fraîche,
s'y jeta
pour se baigner.
Mais un serpent,
A l'odeur de la plante,
Sortit[ furti]vement (de son terrier)
Et l'emporta :
Et, en s'en retournant,
Il rejeta une peau.
Jean Bottéro, L'épopée de Gilgamesh, le grand homme qui ne voulait pas mourir Traduit de l'akkadien et présenté par Jean Bottéro, Paris, Gallimard, 1992 (203)
A l'aube des temps, les dieux, Deva et les démons, Asura, s'affrontaient sans merci pour dominer le monde. Epuisés par les luttes et sur le point de périr, les Deva demandèrent conseil à Visnu, le dieu des dieux. Il les invita alors à s'allier à leurs ennemis, les Asura et aux géants Dânava afin de conquérir le breuvage d'immortalité. Deva, Asura et Dânava jetèrent des herbes bienfaisantes dans la mer de lait aux eaux pures, et s'emparèrent de la queue de Vâsuki, le roi des Nâga. Ils l'enroulèrent autour de la montagne Mandara posée sur Visnu transformé en tortue ; puis, stimulés par ses encouragements, ils barattèrent énergiquement en tirant chacun à leur tour sur la queue du serpent. 
Le dixième livre du Bhagavat Pourana conte des épisodes de la jeunesse de Hari Krichna, jeune et séduisant berger, dont la divinité se révèle par ses exploits : il terrasse de nombreux adversaires, il délivre le serpent Kâlî, puis le serpent Vidyàdhara.
Chapitre 17. La délivrance du serpent Kâlî. (...) Voici le prodige qu'accomplit Krichna, habile aux oeuvres merveilleuses. - comme le serpent produisait un venin terrible e brûlant comme le feu, Krichna-Mourâri se plaça intrépidement sur sa crête; - il frappait les mille têtes du monstre à coups redoublés, et celui-ci ne reconnaissait pas le dieu plein de miséricorde envers les humbles.La femme du serpent adresse alors une supplication à Krichna ; le dieu lui ordonne alors de partir avec Kâli sur l'île de Râvana (Ceylan) - sans crainte d'y être dévorés par l'oiseau Garouda, qui y habite. Il s'en alla dans l'île de la mer, le serpent, avec ses enfants et sa jeune femme. - Quand, rugissant comme la foudre, Garouda voulut le saisir dans ses serres, il reconnut (...) la marque du lotus du pied de Krichna qui s'était produite sur la tête de Kâli.
Chapitre 33. La délivrance du serpent Vidyàdhara
Les bergers de Gokoula sont partis avec Krichna et Nanda, son père adoptif, dans la forêt consacrée à Parvati la femme de Shiva, faire un voeu à Shiva.
(...) Les bergers, remplis d'allégresse, firent cuire des gâteaux, et passèrent toute la nuit à veiller en chantant. - Or, un serpent boa vint de ce côté, sans que Nanda s'aperçut de sa présence; - ce serpent, sachant ce qu'il faisait, mordit Nanda, qui, dans un clin d'oeil, chancela et tomba en ce même lieu. - Nanda cria aussitôt : O Krichna! Viens à ton père ! - ce serpent, par sa morsure, m'a fait tomber; si ce n'est toi, ô Govinda, qui me sauvera ? - à ces mots, Hari courut, tua le serpent, et sauva Nanda; - il frappa le serpent en s'appuyant sur le pied gauche, mais l'animal prit alors la forme d'un être surhumain
Krichna interroge alors Vidyàdhara
ce corps de serpent, comment l'avais-tu obtenu? - je suis Vidyàdhara ( celui qui possède la science magique (...), enflé par l'orgueil, méconnaissant la science des choses spirituelles ;
Vidyàdhara raconte alors qu'une prédiction avait annoncé sa délivrance :
Krichna, dans sa colère, te frappera d'un coup de pied, et te sauvera ainsi de la condition infime dans laquelle tu vas renaître maintenant - depuis longtemps, je suis à l'état de serpent, mais voilà que j'ai obtenu de te voir manifesté sur la terre, ô miséricordieux !(...)
D'après Bhagavat Dasam Askand, Dixième livre du Bhagavat Pourana traduit par Théodore Pavie, Paris, Benjamin Duprat, Librairie de l'Institut, 1858 (p. 68-70, 110-112)
Donc, aussitôt que la terre, couverte de boue par le déluge récent, recommença à recevoir du haut des airs la chaleur des rayons du soleil, elle donna le jour à des espèces innombrables ; tantôt elle rendit aux animaux leur figure primitive, tantôt elle créa des monstres nouveaux. Ce fut bien contre son gré qu'elle t'enfanta aussi à cette époque, colossal Python ; pour les peuples nouveau-nés, serpent alors inconnu, tu étais un objet de terreur, tant tu occupais d'espace le long de la montagne. L'archer divin [Apollon], qui jamais auparavant ne s'était servi de ses armes que contre les daims et les chevreuils prompts à la fuite, l'accabla de mille traits ; par de noires blessures se répandit le venin de la bête. Pour que le temps ne pût effacer la mémoire de cet exploit, il institua, sous forme de concours solennels, des jeux sacrés qui du serpent vaincu prirent le nom de Pythiques.


Le serpent propose à l'homme de se mesurer à Dieu dans son désir d'accéder à la connaissance. Cette intervention dans le jardin d'Eden fera de lui un être rampant, une créature diabolique (diabolos en grec : qui désunit ), car elle provoquera le renvoi d'Adam et Eve du paradis, une séparation entre la Créature et son Créateur. Le serpent était le plus rusé de tous des animaux des champs que Jéhovah Dieu avait faits. Il dit à la femme: « Est-ce que Dieu aurait dit : « Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin? » La femme répondit au serpent: « Nous mangeons des fruits des arbres du jardin. Mais, du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n'en mangerez point et vous n'y toucherez point, que vous ne mourriez. »
Le serpent dit à la femme : « Non, vous ne mourrez point, mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal ». La femme vit que le fruit de l'arbre était bon à manger, agréable à la vue et désirable pour acquérir l'intelligence ; elle en prit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il en mangea. Leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus ; et ayant assemblé des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintures. (...)
Jéhovah Dieu dit au serpent: « Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux et toutes les bêtes des champs ; tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie. Et je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; celle-ci te meurtrira à la tête, et tu la meurtriras au talon.


Un autre signe parut encore dans le ciel : tout à coup on vit un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes, sept diadèmes ; de sa queue, il entraînait le tiers des étoiles du ciel, et il les jeta sur la terre.
Et il y eut un combat dans le ciel : Michel et ses anges combattaient contre le dragon... Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, celui qui est appelé le diable et Satan, le séducteur de toute la terre (...)